La pilule, une révolution pour les femmes

Depuis de nombreux siècles, hommes et femmes ont tenté de maîtriser la procréation, soit pour augmenter la fécondité de la femme, soit pour au contraire limiter les naissances.

Si les religions et les lois ont toujours encouragé la natalité, contrôler les naissances, pour un très grand nombre d’individus, est apparu comme une absolue nécessité : impossibilité d’entretenir une famille nombreuse, amours clandestines, etc.

C'est durant l'Antiquité romaine, sous les règnes de Trajan et d'Hadrien, que fut établie la distinction entre contraception - qui prévient la conception - et avortement - qui élimine le foetus. La maîtrise de la fécondité apparaissait déjà comme une réponse à diverses difficultés d'ordre social ou médical.

Plus tard, le christianisme marque un tournant dans la relation entre la société occidentale et la naissance. Une relation souvent passionnelle entre l'Église et la contraception s'est instituée depuis saint Jérôme et saint Augustin. Au IVème siècle, ces premiers théoriciens de la chrétienté condamnent tout ce qui peut prévenir la conception ou provoquer la stérilité.

En 1588, une bulle papale voue à l'excommunication et à la mort ceux qui procurent ou utilisent des «poisons de fertilité». Régulièrement condamnées par la morale, les méthodes contraceptives restèrent longtemps hors la loi.

En 1920, une loi est votée en France proclamant l’interdiction de la contraception et de l’avortement. Il faudra attendre les années 60 du 20ème siècle, l’évolution des mœurs et les progrès de la science, pour que mentalités et lois évoluent.

En 1964, la première pilule est commercialisée en France. Cette nouvelle maîtrise de la conception permit de dissocier sexualité et fécondité, favorisant ainsi l'entrée des femmes dans le monde du travail, dans les milieux culturels et, à un moindre degré, dans la vie politique.

En 1967, fut votée la loi Neuwirth, du nom du député qui s'acharna, malgré les fortes résistances des milieux conservateurs, à faire évoluer mentalités et législation ; cette loi fut complétée en 1974, sous l'impulsion de Simone Veil, autorisant l'importation, la fabrication et la vente en pharmacie des produits définis comme contraceptifs. Cette loi reconnaissait aussi officiellement l'intérêt des centres de planning familial. Cependant, il était prévu que seules les mineures pourvues d'une autorisation parentale puissent bénéficier de ces nouvelles prescriptions. Heureusement, cette autorisation n’est aujourd’hui plus nécessaire.

La contraception est ainsi passée de la prouesse pharmacologique à une véritable avancée sociale.

La pilule, 1 française sur 2 l'a adoptée

En 2000, une vaste enquête réalisée en France montre que la pilule est la méthode contraceptive la plus utilisée: environ 60 % des femmes utilisant une méthode contraceptive déclarent l’utiliser.

Chez les 15-25 ans, cette méthode contraceptive remporte le suffrage et intervient chez 80 % des jeunes femmes.

L’association de la pilule et d’un préservatif est utilisée chez 1 jeune femme sur 3.

NB:Il ne faut pas oublier d’utiliser un préservatif avec un nouveau partenaire, car c’est le seul moyen connu à l’heure actuelle permettant d’éviter les Infections Sexuellement Transmissibles.

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